Jusqu'au 6 juillet chacun des 40 tableaux qui composent le livre sera mis en ligne ici même. Certains des tableaux disposeront d'une interview vidéo introductive de Philippe Lemoine.
Chaque tableau ouvre sur une discussion lancée à partir d’un commentaire sollicité auprès d’acteurs des mondes artistiques et intellectuels, économiques, militants, et politiques.
Cette tribune vous est ouverte.
11 juin 2007 par P. Lemoine
Comment la création d’aujourd’hui naît de chocs et de rencontres entre personnes, entre genres, entre civilisations ? Chaque homme pourrait-il devenir un accélérateur de la création en devenant un soleil qui croise ses rayonnements avec d’autres ?
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Les soleils
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5 juin 2007
Philippe Lemoine nous propose un plan-séquence, un raccourci d’abord théâtral puis cinématographique. On pourrait en ajouter bien d’autres qui conteraient d’autres histoires : une sacrée fugue musicale, un article sur la diffusion des connaissances scientifiques, une chronophotographie de cet art social qu’est la photographie. Il est peut-être plus important de cerner ce qui réunit ces histoires si diverses dans leurs détails et pourtant étrangement semblables. On y trouve les mêmes personnages clés : création, droits, libertés, culture et argent. Leur configuration moderne nous jette une évidence à la figure : à l’ère de l’information, il ne s’agit pas de choix entre rémunération et gratuité. Les vraies lignes séparent différentes formes de gratuité et différentes formes de relation entre information et économie.
Ce qui divise ou rassemble dans notre nouvel univers, ce sont des conceptions des libertés et de la création. Le point où ces conceptions se rencontrent et s’affrontent, c’est la relation entre les activités qui déroulent hors marchés (hors transactions monétaires et coûts de transaction liés) et l’économie. Les nouveaux médias d’information collaboratifs sur Internet et la presse gratuite globalisée peuvent avoir en commun la gratuité de l’accès, tout les sépare sur l’essentiel : qui fait l’information, qui l’évalue et lui donne crédit. Les majors musicales peuvent proposer l’accès gratuit aux hits de leurs catalogues dans des offres à financement publicitaire, tout les sépare des communautés d’information musicales libres ou de la licence globale pour la musique : respect des libertés d’usage, accès des créateurs aux publics, partage de la chaîne de valeur. Cette nouvelle configuration bouscule une conception établie de la culture comme activité séparée d’une élite distinguée. Embrasser la perspective d’une culture où les qualités émergent d’un continuum de pratiques de tou(te)s suppose – particulièrement en France – une révolution copernicienne. Au minimum un changement d’origine, au sens mathématique.
Bio:
Philippe Aigrain, directeur-fondateur de Sopinspace
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4 juin 2007 par P. Lemoine
Comment l’économie de la création s’est-elle nourrie de la censure et de la haine de soi ?
Comment s’oppose-t-elle aujourd’hui à une ouverture de l’accès à la création ?
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L’argent
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26 mai 2007
Confrontée à la personne de Turing, la société britannique semble avoir tenté par tous les moyens de séparer le scientifique utile à la nation du déviant sexuel. Le divorce a conduit à la tragédie personnelle que l’on sait. Drame heureusement individuel, s’empresse-t-on de penser, et époque révolue, déjà vieille de 50 ans, autant dire l’éternité pour les esprits avancés que nous sommes… Et pourtant, nous ne reproduisons pas ailleurs et autrement le même divorce quand nous tentons par tous les moyens de séparer radicalement les résultats scientifiques de la subjectivité créatrice qui les a fait naître, sous prétexte qu’il n’y aurait jamais de science de l’individuel ? Evacuer la subjectivité de la cité et de la science, ne conserver des individus que leur dimension publique en refoulant ce qui pourrait nous fasciner au lieu de nous inquiéter : l’énigme de leur subjectivité, est-ce vraiment la seule leçon de vie que sommes prêts à recevoir de ceux qui nous ont laissé leur œuvre en partage ?
Qu’il n’y ait pas de science de l’individuel n’empêche pas que l’on s’en fasse une idée et une idée qui nous transforme : ainsi de la notion si paresseuse de « génie », appliquée comme un cache-misère bloquant la réflexion, alors que l’histoire de Turing nous permet d’aller plus loin et de saisir qu’il est possible d’incarner personnellement le génie que l’on prête à un camarade décédé par amour pour lui… le génie individuel est décidément plus compliqué qu’il n’y paraît. Et une « science de l’esprit » qui se révèlerait incapable de prendre cette dimension subjective et intersubjective en considération serait-elle encore une science de l’esprit ? Et n’est-ce pas déjà un résultat, dans ce domaine, que de ne pas oublier cette dimension ?
Plus généralement, ce qui fait parler une œuvre, ce qui la rend moderne – qu’elle nous soit contemporaine ou aussi vieille que les peintures de Lascaux – c’est sa dimension d’énonciation et non sa date historique. Mais ce que l’on est prêt à accorder à l’art, on ne le prête généralement pas à la science. Pourquoi ?
Bio:
Jean Lassègue, philosophe, chercheur au CNRS
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26 mai 2007 par Philippe Lemoine
Comment se détruit l’humanité et comment renaît-elle sans cesse ?
Comment les flammes qui consument font-elles aussi naître et danser les ombres ?
Comment s’enflamment, chez chacun, le don et le génie ?
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Les flammes
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24 mai 2007
Que les ressorts de l’action humaine soient la haine de soi et l’efficience opératoire par le truchement du travail, ou encore que ce soit dans leurs tensions que réside l’élan créateur, ne semble pas toujours aller de soi.
Pourquoi nous est-il tellement difficile d’admettre cette idée de «la haine de soi» ?
N’en faisons-nous pas très simplement l’expérience lorsque aujourd’hui par exemple, à tort ou à raison, le risque de catastrophes écologiques annoncées nous place devant l’arrogance des hommes à vouloir se « rendre comme maîtres et possesseurs de la Nature» (selon l’expression de Descartes).
Tout se passe comme si un principe de justice immanente (une main invisible) était toujours à l’œuvre dans l’expérience humaine.
Georges Bataille note ainsi : « L’humanité dût avoir le sentiment de détruire un ordre naturel en introduisant l’action raisonnée du travail ; elle agissait comme si elle avait à se faire pardonner cette attitude calculatrice, qui lui donnait un pouvoir véritable.
C’est le sens d’un souci du pouvoir magique, qui s’oppose aux conduites directement commandées par l’intérêt. »
Par le travail, qui leur donne le pouvoir de transformer leurs conditions d’existence, les premiers hommes violent l’ordre des choses et s’excluent du monde naturel et animal. Le seul qui vaille pour eux, parce que les bénéfices du travail, du calcul et de la raison sont dérisoires comparativement aux profusions de la nature, des forces qui l’habitent, des intentions qui l’animent.
Dès lors, n’est-ce pas l’amour qui permettra de dépasser la haine de soi? Et n’est-ce pas l’art, qui tourne le dos à toute utilité, qui permettra de surmonter la loi du travail et de l’utilité?
Bio:
Dernier ouvrage paru :
Avec Rossella Magli et Yves Winkin : Comment l’informatique vient aux enfants, Editions des archives contemporaines, 2006.
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24 mai 2007 par Philippe Lemoine
Comment naît l’Homme, comment naît l’art, comment naît l’humanité ?
Qu’est-ce que la foudre originelle, qu’est-ce que l’origine ?
L’origine est-elle haine ou est-elle amour ?
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La foudre
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